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  • Lifestyle / Mood

    Ecrire c’est se dévoiler (et c’est compliqué)

    En voilà un bien beau sujet de réflexion.

    En discutant avec Jen, qui me demandait où j’en étais avec ma vie et avec le blog. Je lui expliquais à quel point j’allais bien en ce moment. Je finissais par lui dire que j’avais, sans vraiment m’en rendre compte, changer d’optique sur le blog, parce que l’envie d’écrire plus, l’envie de mettre à plat des réflexions qui m’animent. Enfin, et pour être tout à fait honnête, j’ai surtout su trouver le courage ou le lâcher-prise suffisant qui me permet de cliquer sur PUBLIER.

    Parce qu’écrire finalement, j’ai toujours écrit.

    Des sujets de réflexions et des introspections, j’en ai fait beaucoup mais cliquer sur publier c’était donner à voir au monde se qui se passe dans ma tête.

    Je continuais cette discussion avec Jen, en lui disant, et elle le sait, à quel point s’exposer c’est difficile, d’un autre côté, il n’y a que comme ça que tu touches les autres, et j’ai d’ailleurs eu de nombreux retours sur les articles précédents (merci de vos retours et du coeur que vous avez mis dans vos réponses).

    Finalement, même si tu écris les articles “de manière générale”, même si tu dis “on,” même si tu écris “selon une étude”… tout le monde sait que le point de départ de la réflexion c’est toi. Il vient de toi, donc tu es impliquée.
    Donc les gens te répondent en parlant d’eux et de toi.

    Quand on te répond et que tu sais que tu as touché des gens avec tes mots. Que ta réflexion a eu du sens, tu te rends compte à quel point c’est grisant d’écrire et de partager. Tu te rends compte que d’autres partagent ton avis, du moins, parfois, tes ressentis.
    Comme tu t’es dévoilé, ils se sentent plus libre de se dévoiler à leur tour en te répondant. Comme tu es déjà nu, de toute façon, puisque c’est toi qui a fait le plus gros du travail, ils n’ont qu’un pas à faire pour te rejoindre (en ayant l’impression de ne pas trop s’impliquer, mais en s’impliquant quand même (et je vous remercie pour toutes les fois où vous répondez en vous impliquant))

    Pour autant, écrire et mettre des mots sur ses sentiments, sur des ressentis, sur des sujets qui t’animent reste une des choses les plus dure qui sois. C’est se retrouver une première fois nu face à soi-même, puis nu face aux autres.

    ecrire, se dévoiler, se mettre à nu, travail d'écriture, exprimer, ressentis

    Pour pousser la réflexion plus loin, je ne parle pas que de moi, qui écris (un peu) sur ce mini site, je parle de tous ceux qui écrivent : les chanteurs, les auteurs. Ceux qui donnent un petit bout d’eux-mêmes en se foutant à nu, en espérant que quelqu’un, quelque part, se retrouve dans tes mots et que ça lui parle. Que ces mots une fois sortis trouvent un écho.

    Un exemple particulier me vient en tête, sûrement mon album préféré de tous les temps.

    For Emma forever ago, de BON IVER. (trad. Pour Emma à tout jamais)
    Il s’est fait quitté, il était littéralement au bout du rouleau, il est parti s’enfermer 3 mois, seul en pleine forêt, pour écrire, pour faire sortir tout ce qu’il avait sur le cœur, tout l’amour qu’il avait pour elle en sachant qu’elle ne reviendrait pas. C’est aussi beau que c’est pathétique en vrai. “Dude, va de l’avant”. Sauf que c’est un des plus beaux albums qui soit. Aucun des morceaux est moyen. Ils sont tous si intenses. Je ne peux que vous le conseiller.

    Ce qui est beau, et heureusement, c’est que l’on trouve généralement un écho à nos mots quand on a écrit vrai. Quand on a parlé avec notre cœur, quand on a été au fonds des tripes. Sans se travestir. Sans changer une phrase où ne serait-ce qu’un mot par peur du jugement.

    Parce que c’est ça finalement, qui te hante, même quand tu vas bien, même quand t’as confiance, même quand t’es connu ou populaire, s’exposer et être terrifié à l’idée d’être jugé.

    ecrire, se dévoiler, se mettre à nu, travail d'écriture, exprimer, ressentis

    Mais affranchissons-nous un peu de la peur du jugement, sortez de vous les mots coincés qui ne demandent qu’à s’échapper.
    Libérez vos petits carnets.

    Je pense à mon amie Alex, et elle me lira je le sais, qui écrit si bien, qui écrit partout, tout le temps. Qui a toujours un carnet et un stylo dans son sac, qui m’a écrit de si jolis mots sur les supports les plus variés. J’ai des mots si profonds écrit sur des tickets de caisse (oui je les ai gardé bb).

    Toi, toi qui écrit, toi qui a besoin de poser les mots. Qui aime les mots. C’est aussi à toi que je pense. Un jour, peut-être que tu l’écriras ce livre.

    Ecrivez votre coup de gueule quand ça vous gonfle, écrivez un cri de joie quand vous êtes heureux, suivez l’élan de l’amour quand il déborde de vous-même. Oui ! Même si ce n’est pas réciproque.
    Soyez drôles, partagez votre humour, soyez vous-même, souvent ça fait mouche.

    (Lisez, d’ailleurs, cet article, touchant mais pas franchement gay, qui est le témoignage d’un gars qui a perdu un de ses meilleurs amis dans les attentats de Paris du 13 novembre 2015. On est en plein dans l’actualité là. Ultra prenant et intense à lire. Les mots sont là, ils sont justes, ils résonnent. J’en ai eu les larmes aux yeux. ICI LE LIEN  On sent dans cet article tout le besoin d’écrire sa peine et sa colère à cet homme).

    Les mots vous libèrent. Mais c’est dur et ça fait peur. C’est vrai !

    ecrire, se dévoiler, se mettre à nu, travail d'écriture, exprimer, ressentis

    Pour poursuivre cette réflexion sur les mots, l’écrit et surtout l’amour je vous invite vivement à suivre le compte Instagram d’ @amourssolitaires

    Amours Solitaires c’est le travail de Morgane Ortin, elle a créé ce compte comme un manifeste et je vais la citer car elle sait se présenter mieux que je ne le ferais : On a beaucoup entendu que la lettre d’amour était morte, que plus personne ne savait écrire, que le mot avait disparu au profit de l’image. Pourtant chaque jour circulent une multitude de messages, qui, isolés dans l’intimité des téléphones viennent contredire cela de la plus remarquable des manières. Amours solitaires les réunis et partage pour clamer haut et fort que non la lettre d’amour n’est pas morte. Elle a évolué avec de nouveaux supports (les sms).
    Sur son compte elle publie quotidiennement des messages d’amour, des sms d’amour, qui lui sont adressés anonymement. Des messages de toutes les formes d’amours et parfois même de l’amour non réciproque. A ces messages s’ajoutent de nombreuses stories où elle publie souvent les MP qu’elle reçoit et je me souviens de cette discussion/débat lancer autour du fait de se jeter à l’eau, d’oser écrire ses sentiments, même si on est pas du tout sûr du résultat.

    amours solitaires

     

    Ce qui me ramène à la réflexion actuelle, écrire c’est se dévoiler (et c’est compliqué).
    Toutes les réponses obtenues à la storie dont je parle pourtant (et il y a en a eu beaucoup car le compte est très suivi) allaient dans le même sens : Même si ça fait peur, écrire et se dévoiler à un côté très libérateur.
    Ici typiquement, essayons de fuir ce jeu mal sain du “suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis”.

    Vous allez me dire, allez, ok elle nous parle d’amour, mais en fait non parle surtout de sentiments, au sens large et de se dévoiler par l’écrit. Pour moi seul les sentiments sont assez puissants et honnêtes et disent la vérité sur ce que l’on est vraiment. Et finalement il n’y a que ça qui m’intéresse. J’aime les grosses colères, les crises de larmes, la passion et quand on arrive à canaliser tout ça et à le mettre par écrit, ce qu’il en sort est beau.

    C’est juste BEAU.

    Et on veut du beau dans notre vie. Evidemment qu’on veut du beau !

    Arriver à écrire et à se dévoiler c’est un lâcher prise sexy, c’est une confiance en soi qu’on vous enviera sûrement, c’est se libérer d’un poids, c’est une preuve de communication et de maturité, qu’en vérité, on ne pourra pas, honnêtement, vous reprocher.

     

     

     

     

    Encore une fois, je laisse ouverte la discussion et attends vos retours, avis, ressentis etc. Ici, sur Instagram, sur Facebook. Comme l’autre fois, pour que les commentaires ne se perdent pas et qu’il y ait une continuité je les recopierai en commentaire de blog si vous les avez laissé sur un autre réseau.

    Maintenant que j'ai fait un post de 1400 mots (quand même !) je dois cliquer sur PUBLIER (ah ah!). Je vais le faire avec appréhension, et la seconde d'après, avoir le sentiment que ce n'est pas grave, je suis juste une anonyme de toute façon. Et puis quelques commentaires arrivent, ou bien je vais regarder la liste de ceux qui regardent mes stories. Je me demande alors si, ne serait-ce que la moitié de ces personnes peuvent aller lire mes conneries. Et là c'est le stress ! Et là j'ai envie d'effacer tout ce bordel. Et puis je reçois un commentaire, même un seul, bienveillant, encourageant, positif, et je me dis : Trop tard C'est fait !

    Claire

     

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    14 Comments

  • Reply Annie 16 novembre 2018 at 21:40

    je sais pas si mon commentaire précédent est passé, mais j’adore le petit texte tout à la fin sur l’apréhension juste avant de cliquer sur publier lol

    bref, je trouve que tu es sur la bonne voie, puisque tu publies !!!!!!! :)

    tu connais le livre THE ARTIST’S WAY de julia cameron ???? peut être quelques pistes pour toi dedans :)

  • Reply Annie 16 novembre 2018 at 21:40

    je sais pas si mon commentaire précédent est passé, mais j’adore le petit texte tout à la fin sur l’apréhension juste avant de cliquer sur publier lol

    bref, je trouve que tu es sur la bonne voie, puisque tu publies !!!!!!! :)

    tu connais le livre THE ARTIST’S WAY de julia cameron ???? peut être quelques pistes pour toi dedans :)

    • Reply Claire.sheloves 18 novembre 2018 at 20:27

      Merci Annie pour tes commentaires. J\’ai bien vu les deux. Oui j\’ai cliqué sur PUBLIER.
      Et je crois que j\’aime ça et que je le referais.
      Je ne connais pas ce livre mais merci pour le conseil je vais aller y jeter un oeil ;)

  • Reply Annie 16 novembre 2018 at 20:48

    Lol le petit texte qui défile à la fin sur l’appréhension ! Au moins tu as eu le courage sur cliquer moi j’ai toujours rien publié ni rien accomplie de ma vraie to do list.

    Désolé pour ce petit message alors que tuas écrit un long article mais il a été lu été il à être ressenti :) je trouve que tu es super sur la bonne voie

  • Reply Pêche & Églantine 16 novembre 2018 at 18:03

    Je me reconnais étrangement dans tes mots. Ecrire, on le fait pour soi et pour les autres, c’est une part de nous que nous mettons sur papier et même si les mots ne sont jamais à la hauteur de nos sensations, c’est effectivement se mettre à nu que d’appuyer sur publier…

    J’aime écrire depuis toujours et partager tout cela avec le monde fait bien bizarre parfois mais apporte aussi tellement que c’est devenu indispensable…

    Bisous, Pêche

  • Reply Pêche & Églantine 16 novembre 2018 at 18:03

    Je me reconnais étrangement dans tes mots. Ecrire, on le fait pour soi et pour les autres, c’est une part de nous que nous mettons sur papier et même si les mots ne sont jamais à la hauteur de nos sensations, c’est effectivement se mettre à nu que d’appuyer sur publier…

    J’aime écrire depuis toujours et partager tout cela avec le monde fait bien bizarre parfois mais apporte aussi tellement que c’est devenu indispensable…

    Bisous, Pêche

    • Reply Claire.sheloves 18 novembre 2018 at 20:25

      Merci pour ce commentaire et ravie de voir que je ne suis pas la seule qui m\’expose. Qui aime écrire qui à peur à chaque fois qu\’elle clique sur PUBLIER. ;)

  • Reply Marie Kléber 16 novembre 2018 at 14:24

    Merci pour ce bel article!

    Écrire c’est se mettre à nu. C’est une évidence.

    Si on veut se protéger on n’écrit pas.

    Quant à un partage authentique c’est selon moi la seule vérité. Qui amène l’autre à se confier à son tour. Ensemble on peut aller plus vite, plus loin.

    • Reply claire.sheloves 18 novembre 2018 at 20:24

      Quelle belle phrase et quelle belle conclusion ensemble on peut aller plus vite, plus loin, je suis bien d\’accord.

  • Reply Jenn 16 novembre 2018 at 08:07

    Claire,

    Comme tes mots me parlent, je n’ose jamais écrire de peur d’être lu alors je me parle à moi-même dans ma tête pour évacuer ce que j aurais pris plaisir à écrire.

    Pour l anecdote, plus jeune j’a écrit ce que je ressentais pour quelqu’un sans jamais lui donner la lettre, et un jour je l ai découpé en petits morceaux et jeté dans la poubelle. Mon copain de l époque est tombé dessus et s’en ai suivit une dispute monumentale mais en fait la lettre avait été écrite plusieurs mois auparavant et je l avais détruite car les choses avaient changé depuis cet écrit. Bien-sûr cet accros a entacher notre confiance mutuelle: moi comment ça tu ne me crois pas??? Et lui: tu me prends vraiment pour un con…

    Et la dernièrement en rangeant la chambre de ma fille mon mari à voulu jeter des papiers en boule qui traînaient sur le bureau, il les a lu les a photographié me les a envoyé et on a découvert des choses que notre fille ne nous avaient jamais dit. Quand il me les a envoyé je lui ait dit non on n a pas le droit d’entrer dans son intimité par cette porte, et en fait j ai quand même lu…curiosité mal placé.

    Les écrits permettent d évacuer les choses…le tout est de savoir qui a le droit de les lires..

    Belle journée Claire, moi j aime te lire

    • Reply claire.sheloves 18 novembre 2018 at 20:23

      Jenn,
      Comme ton message me touche et me parle.
      Puisque tu me confies une anecdocte je vais t\’en confier une à mon tour. J\’ai toujours écrit. En tout cas depuis que je suis en 6e/5e j\’écris chaque jour dans un agenda. J\’en ai donc une collection qui commencent à être importante… Quand j\’étais jeune, comme ta fille, j\’avais besoin de ça pour mettre à plat tout ce qui se passait dans ma tête. Ma mère, pour ça, je lui ai toujours fait confiance. Elle m\’a juré ne jamais les avoir lu, et je reste sur cette version. Si jamais elle les a lu, elle n\’est jamais rentrée dans mon intimité en m\’en parlant. Je ne me suis jamais fait engueuler ou punir pour quelque chose que seul mon journal connaissait. C\’est la chose la plus précieuse qui soit et peut-être quelque chose qui me fait aujourd\’hui cliquer sur PUBLIER en ayant confiance.On doit écrire pour soi, si on en a envie et si on en ressent le besoin. Ensuite on le donne à lire aux autres sur exactement les mêmes bases, si on en a envie et si on en ressent le besoin. Personne n\’est obligé de publier ou de faire lire ce qu\’il a écrit mais parfois c\’est libérateur et courageux. Par contre effectivement, je ne crois pas que ce soit bien de lire quelque chose qui ne nous est pas destiné. Parfois c\’est rentré si loin dans les pensées et l\’intimité de l\’autre… Et surtout parfois,on écrit juste des pensées, juste un moment, on ne peut pas se faire juger pour quelque chose d\’aussi éphémère et qui ne nous représente pas.
      Au plaisir de continuer à se lire encore.

      • Reply Jenn 18 novembre 2018 at 20:49

        Claire, je ne peux que te rejoindre dans cette phrase “Je ne crois pas que se soit bien de lire qqchose qui nous est pas destiné” et tu as entièrement raison…ma fille ne saura jamais que je l’ai lu, mais au moins maintenant je lui apprends (en tout cas j essaie) de s’affirmer dans ses choix…

  • Reply Alek 15 novembre 2018 at 23:13

    Voilà voilà. C’est beau putain. C’est bien écrit, bien pensé, bien ficelé. La bonne dose de toi qui permet de nous identifier et de se dire mais oui mais c’est ça c’est exactement ça.

    J’aime quand tu te mets à nue (parceque déjà c’est hyper sensuel ) et surtout parce que c’est sincère, c’est juste, c’est intense.

    Merci

    • Reply claire.sheloves 18 novembre 2018 at 20:08

      Putain voilà, juste pour ça. Juste pour un seul message comme ça, ça vaut le coup de se mettre à nu (nue) mais si ça fait peur.
      <3 Je te love toi.

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